Chaque hiver, les vacanciers et saisonniers croisent les doigts pour que la neige soit au rendez-vous et permette une belle saison de ski. Pourtant, en cinquante ans, les Alpes ont perdu près d’un mois d’enneigement, et certaines stations, comme La Sambuy, ont dû fermer définitivement leurs remontées mécaniques. Pour la station du Semnoz, hors de question d’en arriver là et de priver les Annéciens de leur station préférée !
L’objectif ? Sauver la station !
C’est une nouvelle qui risque de faire grand bruit à Annecy : dès cet été, une vingtaine de canons à neige supplémentaires seront installés au Semnoz, alimentés directement par l’eau du lac d’Annecy.
L’objectif affiché par les responsables de la station est clair : garantir un enneigement constant et de qualité chaque hiver, entre décembre et mars, pour éviter toute fermeture définitive.
Un chantier estimé à plusieurs millions d’euros
Ces nouveaux équipements seront répartis sur les pistes principales, à la fois sur le versant Annecy et le versant Bauges.
Bien que le coût total du projet n’ait pas encore été communiqué officiellement, il est d’ores et déjà estimé à plusieurs millions d’euros.
Des conduites forcées
Les conduits transportant l’eau depuis le lac seront principalement posés à la surface, mais seront enterrés dans les zones où cela est nécessaire, notamment pour traverser les routes. Selon les porteurs du projet, cette solution dite “conduite forcée” permettrait une intervention rapide en cas de maintenance, tout en évitant d’alourdir les coûts déjà considérables du projet avec des frais de terrassement. Les promeneurs devront donc s’habituer à voir ces tuyaux serpenter entre le lac et les pistes du Semnoz !
Les initiateurs du projet rappellent également que dans plusieurs stations en France, notamment en Savoie, les conduites d’eau visibles n’ont jamais posé de problèmes majeurs, hormis sur le plan esthétique.
Mais qu’est-ce qu’une conduite forcée ?
Les conduites forcées sont des tuyaux destinés à transporter l’eau sous pression sur de longues distances et avec une forte dénivellation. Utilisées généralement dans les centrales hydroélectriques, elles permettent de guider l’eau depuis un réservoir vers les turbines génératrices d’électricité.
Dans le cas présent, ces conduites seront spécialement adaptées pour acheminer l’eau du lac vers les canons à neige situés en altitude, garantissant une pression suffisante pour produire une neige artificielle de qualité optimale.
Pourquoi ne pas construire un bassin artificiel ?
Lorsqu’on l’interroge sur ce choix, un responsable du projet répond : “Nous préférons utiliser directement l’eau du lac plutôt que de construire un bassin artificiel en altitude. Autant profiter de la proximité d’une telle ressource naturelle et limiter l’empreinte écologique du projet !”.
Le début des travaux prochainement
Les travaux devraient débuter d’ici fin mai, avec pour objectif que les canons à neige soient prêts pour la saison hivernale 2025-2026.
Pendant une semaine au mois d’août, la circulation sur la D1508, à la sortie d’Annecy, sera alternée pour permettre l’installation des conduites forcées. Attendez-vous à des conditions de circulation difficiles durant cette période, surtout avec l’afflux touristique. Pensez donc à prévoir vos déplacements en conséquence !
Où sera pompée l’eau ?
L’eau qui alimentera les canons à neige proviendra directement du lac d’Annecy, grâce à la station de la Puya, qui pompe l’eau à 40 mètres de profondeur et à environ 100 mètres des rives. Cette eau sera ensuite acheminée vers le Semnoz par les conduites forcées. Contrairement à l’eau de nos robinets, elle sera directement envoyée dans les canons sans traitement préalable.
Une tendance en pleine croissance
Cette décision s’inscrit dans une tendance plus large d’équipement des stations en enneigeurs artificiels. Aujourd’hui, on estime que 15 à 20 % des domaines skiables alpins disposent de ce type d’installation. Un chiffre qui pourrait grimper jusqu’à 30 ou 40 % dans les années à venir !
Des conséquences écologiques ?
Les canons à neige, bien qu’efficaces pour garantir un enneigement constant, ne sont pas sans poser de questions, notamment en raison de leur forte consommation en eau et en énergie. En effet, pour produire 2 m³ de neige artificielle, il faut environ 1 m³ d’eau. Pour couvrir un hectare de piste avec 60 cm de neige, cela représente donc 4 000 m³ d’eau. Au total, ces équipements pourraient consommer près de 28 millions de m³ d’eau par an à l’échelle des Alpes, et une seule station utiliserait en moyenne entre 100 000 et 400 000 m³ d’eau chaque hiver – un volume équivalant à plusieurs dizaines de piscines olympiques.
Une utilisation intensive qui pose question à l’heure où les enjeux environnementaux deviennent cruciaux : perturbation des écosystèmes aquatiques, augmentation des coûts énergétiques, et débat autour du maintien artificiel d’activités hivernales face au changement climatique.
Si cette initiative suscite déjà de vives réactions parmi les Annéciens, elle mérite tout de même qu’on se penche sérieusement sur ses avantages et inconvénients…
Très bonne idée, cela aurait dû être fait depuis longtemps
J’espere que c’est un poisson d’avril?
Honteux, ce projet de canons à neige au Semnoz
Où est le soin de nôtre planète ?
L’urgence est là.
Au secours !!!!